La sécheresse persistante et les températures élevées posent des défis considérables à de nombreuses familles d’agriculteurs suisses. Selon les régions et les secteurs d’activité, l’eau et le fourrage viennent à manquer et les rendements sont en baisse. Dans les alpages et les exploitations d’estivage également, la situation est tendue en de nombreux endroits. Ces répercussions économiques touchent les familles d’agriculteurs qui, dans des conditions difficiles, doivent s’occuper de leurs animaux, entretenir leurs cultures et assurer la pérennité économique de leurs exploita-tions. De nombreuses exploitations sont de plus en plus à court de liquidités.
La CDCA salue l’orientation prise par l’OFAG
Les cantons sont responsables de la mise en œuvre des paiements directs. L’article 106 de l’ordonnance sur les paiements directs (OPD) leur permet, en cas de force majeure (et la sécheresse actuelle constitue un cas de force majeure), de renoncer à des réductions ou au refus de verser des contributions. Dans cette situation exceptionnelle, les services cantonaux de l’agriculture utilisent cette marge de manœuvre légale de manière pragmatique et cohérente. La CDCA salue et soutient donc les grandes lignes annoncées le 5 août 2026 par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) visant à soulager les exploitations agricoles.
Augmenter considérablement le fonds de roulement destiné aux prêts d’aide aux exploitations
Les exploitations confrontées à des difficultés de liquidités en raison de la sécheresse peuvent solliciter des prêts d’aide aux exploitations sans intérêt. Ceux-ci constituent un instrument important pour surmonter une situation financière difficile, temporaire et indépendante de leur volonté. Ce sont les cantons qui examinent et accordent ces prêts. Les moyens nécessaires proviennent conjointement de la Confédération et des cantons. On observe actuellement une demande accrue de prêts d’aide aux exploitations, raison pour laquelle les ressources du Fonds de roulement pour l’aide aux exploitations doivent être considérablement augmentées par la Confédération. Cela permettra aux cantons de disposer de moyens suffisants, même en cas d’augmentation du nombre de demandes, pour soutenir de manière ciblée les exploitations concernées.
Comme autre mesure à court terme, les cantons souhaitent améliorer la liquidité des exploitations grâce à un versement d’acompte supplémentaire sur les paiements directs. Une partie du paiement principal devrait pouvoir être versée de manière anticipée. La CDCA invite la Confédération à mettre à la disposition des cantons les moyens nécessaires à cet effet. L’OFAG laisse entrevoir cette possibilité dans son communiqué du 5 août 2026.
Garantir des investissements durables et faire progresser l’adaptation au changement climatique
La sécheresse actuelle montre qu’outre les aides à court terme, il faut également développer de manière cohérente la prévention face aux futurs événements climatiques et, en particulier, garantir l’approvisionnement en eau à long terme. La CDCA soutient donc les travaux en cours menés par la Confédération et l’OFEV en vue de l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion de l’eau. Celle-ci doit contribuer à mieux concilier les besoins en eau et la disponibilité de l’eau, à identifier à un stade précoce les conflits d’utilisation et à développer davantage l’approvisionnement en eau ainsi que la gestion durable des ressources en eau disponibles.
La CDCA demande que les mesures et les investissements visant à adapter l'agriculture au changement climatique soient soutenus de manière cohérente. Cela comprend notamment la sélection de variétés robustes et adaptées au climat, l'adaptation des pratiques culturales et les investissements dans l'irrigation et l'approvisionnement en eau, ainsi que dans des installations permettant de réguler le régime hydrique du sol. Pour accroître leur résilience, les exploitations agricoles doivent pouvoir réaliser des investissements durables dans les infrastructures de base, dans des installations supplémentaires de stockage de fourrage ou dans la construction de chemins d’accès dans les zones isolées. La Confédération et les cantons doivent mettre à disposition les moyens nécessaires dans le cadre des mesures d’amélioration structurelle. La priorité doit être donnée à l’instrument des crédits d’investissement sans intérêt et remboursables. Dans le cadre d’une enquête, les cantons ont estimé à 480 millions de francs suisses le déficit de financement pour cet instrument au cours des cinq prochaines années. Ils demandent à la Confédération d’injecter ce capital sans délai. La sécheresse actuelle montre qu’il n’y a pas de temps à perdre en matière de gestion à long terme de l’eau et d’adaptation de l’agriculture au changement climatique.